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dimanche 15 janvier 2017

60 ans avant Pasteur : la très riche invention de Nicolas Appert






En 1795 , il y a exactement 221 ans ,Nicolas Appert met au point le procédé qui rend possible la mise en conserve (appelée appertisation) des aliments. Véronique Zbinden raconte son histoire tragique puis pionnière. Et ses actuelles déclinaisons bio, chic ou éthique…

C’est une révolution, née il y a plus de 200 ans dans le secret d’une boutique d’Ivry-sur-Seine, en banlieue parisienne, entre chaudrons de cuivre et marmites géantes.
Fils d’une famille d’aubergistes de la Marne, ancien brasseur devenu confiseur, officier de bouche d’un duc, maire, commerçant et révolutionnaire, un certain Nicolas Appert, homme simple et esprit curieux, s’est donné pour mission de résoudre l’impossible équation de la conservation des aliments.
Ces années-là, les troupes napoléoniennes caracolent victorieusement en Italie, mais souffrent – autant que la marine royale britannique – de problèmes chroniques; on y meurt plus souvent du scorbut que sur les champs de bataille, et le gouvernement français vient de promettre 12 000 francs à l’inventeur qui aidera à résoudre le casse-tête du ravitaillement.
Notre homme se livre à d’obscurs travaux avec les haricots et les petits pois qu’il cultive , le lait et la crème fraîche achetés aux paysans. 
Un jour, il démissionne de sa charge de maire et crée la première conserverie de l’histoire.


Son idée ? Faire le vide d’air et chauffer

Appert subodore que le procédé conserve, sans savoir au juste pourquoi ; il faudra attendre Louis Pasteur, 60 ans plus tard, pour que le lien soit établi entre traitement thermique et destruction des germes.
"Renfermer les substances à conserver dans des bouteilles de champagne au goulot élargi, boucher avec le plus grand soin les récipients, soumettre les substances ainsi renfermées à l’action d’un bain-marie… et retirer les bouteilles au temps prescrit", telle est la méthode décrite dans son traité de 1810, "L’art de conserver pendant plusieurs années toutes les substances animales et végétales".
L’appertisation – "appertizing", le procédé ainsi nommé par les Américains – a pour vertu de préserver le goût et les qualités des aliments. L’apport d’ Appert lui vaudra d’être nommé bienfaiteur de l’humanité, ses petits pots seront loués par Grimod de la Reynière, premier critique gastronomique, sans empêcher sa déconfiture.
Appert voit son idée pillée par les Britanniques qui passent au contenant en fer-blanc, plus accessible et pratique que le verre. Oublié de tous, quitté par sa femme, ruiné, le confiseur champenois meurt seul, jeté dans une fosse commune en 1841, non sans avoir posé les bases du lait concentré, du bouillon en tablettes, du lait pasteurisé, des premiers autoclaves (l’ancêtre de la cocotte-minute)…
Une fin de vie bien triste et injuste pour Nicolas Appert ...




Statue-colonne Appert par Ipoustèguy, 1991 , Châlons en Champagne



A lire aussi :









Bogapott ,un café très tranquille dans le vieux Tallinn

 Photo : Bogapott.ee


Bogapott  bénéficie d'une situation unique dans la vieille ville de Tallinn . C'est un endroit charmant et très tranquille ,à l'écart de la rue Pikk Jalg (rue de la jambe longue) .
Mais Bogapott n'est pas seulement un café ,c'est aussi une boutique d'art et un atelier de céramique .

Niché dans une petite cour, juste à côté d'une boutique d'artisanat ,situé dans la partie haute de la rue principale (Pikk Jalg) qui monte vers la colline de Toompea ,Bogapott reste un endroit étonnamment authentique et agréable pour prendre une collation. 


Bogapott - 22 Août 2013

22 aout 2013


22 décembre 2015

22 décembre 2015


La taille minuscule du café n'est pas adaptée aux groupes touristiques , même si sa situation est bien attirante .
Lorsqu'on se trouve dans la pittoresque boutique artisanale située juste à côté ,on se sent naturellement attiré par le café, une porte permettant de passer directement de la boutique au café . 
Toutes les tasses et soucoupes du café viennent d'ailleurs du four de l'atelier de céramique contigu à la boutique, celle-ci étant bien sûr spécialisée dans la céramique faite sur place . 
J'ai visité la boutique : chacun peut y trouver son bonheur ,les prix sont raisonnables .
La porte reliant la boutique et le café permet au personnel de la boutique de "traîner" au café (et inversement) , ce qui lui confère une ambiance gaie et locale.


Vue du haut de la mezzanine -septembre 2011


Lorsque vous entrez dans le café ,si vous ne regardez pas attentivement et ne levez pas les yeux vers le plafond , vous raterez l'étonnante et presque "invisible" mezzanine qui se trouve à l'étage et que l'on atteint grâce à un escalier en colimaçon . 
Là haut,vous découvrirez un univers particulier,la mezzanine se trouvant nichée dans de vieux murs de pierre médiévaux ,qui appartiennent en fait à une des tours des remparts (qu'on peut voir sur la photo tout en haut du post). 




Septembre 2011


Il y fait très sombre , ce qui donne une atmosphère très  mystérieuse à cet endroit par ailleurs charmant .Des chérubins miniatures en céramique accrochés au plafond pendent , tels des chauves-souris angéliques !
Il y a à peine assez de place pour deux tables (mais en réalité ,il y a trois ou quatre petites tables et une plus grande si ma mémoire est bonne ) . 



 Sandwich et immense mug de thé - septembre 2011


Le café propose des collations légères, des soupes, des gâteaux ainsi que des boissons classiques(bières ,thé ,café ,etc ). J'y ai mangé un sandwich et un gâteau , aussi délicieux l'un que l'autre ,et bu un thé dans un énorme mug (voir la photo mais désolée ,elle est un peu sombre ) ; j'ai été très surprise de la taille du mug (dont la contenance  représentait facilement celle de trois thés "normaux") ,le prix n'étant pas plus cher qu'un seul thé de taille normale .

En été, ne manquez pas de profiter de la terrasse de la cour. 


2 juillet 2014



Adresse : Bogapott, 9 Pikk Jalg, Tallinn 10130 

http://www.bogapott.ee/go/en/

 


Agrandir le plan

mardi 10 janvier 2017

10 Janvier : bonne fête à tous les "Guillaume"

Illustration de Guillaume Tell. © Collection particulier, AKG Berlin







Fête: le 10 janvier

Sens et origine du nom 

Guillaume est un prénom masculin d'origine germanique.
Il est formé du germanique will (la volonté), et de helm (la protection).
Guillaume est une forme d'oïl (langue d'oïl) correspondant au prénom occitan Guilhèm, au catalan Guilhem, à l'anglais William et à l'allemand Wilhelm.
Parmi les nombreux prénoms composés à partir du vocabulaire germanique, c'est peut-être le plus populaire et le plus répandu depuis le haut Moyen Âge, dans la plupart des pays occidentaux. 
Il apparaît au VIIe siècle et se diffuse rapidement dans les classes aristocratiques, sur le continent d'abord, puis en Grande-Bretagne, dans la foulée de Guillaume le Conquérant et de ses Normands. 
Son succès n'a pas connu d'éclipse depuis lors, dans aucun des pays qui l'avait adopté. Il a souvent figuré au palmarès des prénoms masculins, en Angleterre comme en Allemagne ou en France. Ses périodes de décrue ont été suivies de vives remontées.
Aujourd'hui, en France, si l'on comptabilisait le prénom "Guillaume" avec ses variantes les plus attribuées, Guilhelm , William et Willy, il ferait certainement partie du palmarès des prénoms masculins les plus attribués.

Le personnage qui est à l'origine de la popularité du prénom est le Comte de Toulouse Guilhem ou saint Guilhem de Gellone, petit-fils de Charles Martel et cousin germain de Charlemagne. Il a été le modèle du chevalier généreux et intrépide.

On compte également sept saints du nom de Guillaume. 
Guillaume de Bourges ,qui a été choisi pour saint patron par la Sorbonne, était un grand aristocrate du XIIIe siècle, cistercien à l'abbaye de Pontigny, puis abbé de Châlis, près de Sens (Yonne). En 1200, il fut nommé évêque de Bourges (le plus important diocèse de France à l'époque) et se révéla un modèle d'humilité, de douceur et de charité. Mort en 1209, il fut canonisé par le pape dès 1218.


Traductions du prénom "Guillaume" dans quelques langues

 anglais : William
 allemand : Wilhelm
 espagnol : Guillermo
 italien : Guglielmo
 portugais : Guilherme
 suédois , norvégien et danois :  Vilhelm
 islandais :Vilhjálmur 
 finnois : Vilhelmi
 tchèque :  Vilém
 néerlandais : Willem
 hongrois : Vilmos
 turc : oluk rendesi

Source : http://traduction.sensagent.com/traduire/guillaume/fr/multilingue.html


Et en chinois ,
Guillaume ,c'est 纪尧姆

 http://www.asia-home.com/china/fetesprenoms/q/Guillaume.php
















Popularité du prénom

Le nom Guillaume figure au 33e rang des prénoms les plus donnés en France depuis 1940.
Le prénom Guillaume a été le plus donné en France en 1984.


Autres "Guillaume" célèbres


 Guillaume Tell 




Sources



 Saint Guillaume de Bourges

mardi 6 décembre 2016

21 décembre : solstice d'hiver , fête de Yule






Le 21 décembre ,la fête de Yule correspond au Solstice d'Hiver,première journée de l'hiver , nuit la plus longue de l'année ,précédant la naissance du nouveau Soleil qui illuminera la Terre pour la prochaine année.

Cette célébration souligne la naissance de plusieurs divinités pré-chrétiennes, notamment Dionysos, Attis et Woden.
Pour les Chrétiens , la naissance du Christ correspond à cette période.
Dans presque toutes les cultures et religions, le solstice d'hiver marque l'ouverture d'une période de festivités plus ou moins longue. Cela se comprend mieux lorsqu'on sait que nos ancêtres vivaient selon le rythme des saisons et la durée du cycle du jour. Pour eux, c'était  l'élément essentiel qui guidait leur vie. 
L'arrivée du solstice indiquait la naissance d'un nouveau cycle solaire, des jours plus longs et l'arrivée des beaux jours. C'était une occasion de réjouissances. Il faut aussi souligner que c'est une période de l'année où personne ne travaillait aux champs et où les travaux de la ferme étaient réduits au minimum.


 






Rituel 

Dans les temps les plus reculés, les adorateurs du soleil allumaient de gigantesques brasiers pour assurer la renaissance du soleil. Un monde d'obscurité où rien ne pousserait était la plus grande crainte des Hommes. Plus tard, on a adjoint à cette tradition la naissance de différents dieux et, avec le temps, les brasiers extérieurs ont fait place à la coutume d'allumer une bûche de chêne dans l'âtre.
Une des plantes associées à Yule est le gui, plante sacrée des druides qui le coupaient à l'aide d'une serpe de cuivre au manche façonné en forme de corne de cerf. Il semble que cette tradition prit naissance dans l'ancienne Grèce où le gui représentait les organes génitaux de Zeus, et ses fruits blancs, des gouttes de sperme. Le gui ne pousse que sur le chêne, arbre d'ailleurs dédié à Zeus. 
Quant à la tradition de décorer des conifères, elle date de l'époque matriarcale où les prêtresses suspendaient des offrandes aux dieux ainsi que des représentations de la lune, du soleil et des étoiles aux branches des pins de leurs sanctuaires.
Dans les temps anciens, la coutume voulait également que l'on échange des cadeaux au cours de cette période.
Au Moyen- Age, les festivités duraient une douzaine de jours alors que les saturnales romaines s'échelonnaient sur une période de 7 jours.
Une des façons les plus intéressantes de célébrer Yule consiste à décorer un arbre. Tout est permis, quoiqu'il convienne de mettre l'accent sur des reproductions de lunes et d'étoiles. Vous pouvez inclure la décoration de votre arbre dans votre rituel et faire ainsi participer toute la maisonnée. 

Yule est une période de réjouissances. 



  


Les décorations 

 Du gui et du houx, des branches de conifère (sapin, pin, épinette), des chandelles représentant le père Noël, des cadeaux joliment enrubannés.
Les fleurs appropriées sont les poinsettias, les roses blanches ou rouges.
Vous pouvez aussi utiliser vos décorations de Noël.

Symboles et correspondances 

Encens : cèdre, pin, sapin, romarin
Arbres : chêne (pour la bûche), conifères
Fleurs : poinsettias, cactus de Jérusalem, roses rouges
Couleurs : or, argent
Chandelles : vertes, rouges, blanches
Pierres : œil de tigre, rubis
Planète : Jupiter







Aliments traditionnels 

Comme c'est un festival qui dure plusieurs jours, les extravagances sont permises (et même encouragées !). A l'occasion de cette fête, les pommes sont considérées comme sacrées et tous les mets qui en contiennent sont à l'honneur. Le cidre était et reste une boisson de circonstance.
Le gingembre et les épices occupent la place d'honneur. Il ne faut pas oublier qu'au Moyen Age, le gingembre, notamment, avait plus de valeur que les diamants. Une version moderne des gâteaux d'antan est la maison de pain d'épices, rappel des pièces montées qu'on présentait aux nobles rassemblés.
Les biscuits sont une partie intégrante des festivités car, à cette époque, le sucre était rare et le miel, difficile à ramasser. Donnez-leur la forme d'étoile, de lune, de soleil et d'animaux, vous poursuivrez ainsi une coutume qui date de la préhistoire : les archéologues ont découvert des gâteaux pétrifiés en forme d'étoile et de lune ou portant l'effigie de divinités dans des tombes datant de cette époque.



Les plats à servir 

Poulets, chapon, oie, perdrix – tous les rôtis ; cochon de lait rôti ; pâté en croûte (gibier et venaison), civet de lièvre ou de lapin ; tourte de pigeon.
Gâteau aux fruits confits ; pain d'épices ; biscuits au sucre.
Glögg, vin chaud épicé, cidre chaud épicé.




  

Étymologie du mot Yule 

Yule est un mot anglais utilisé dans les régions germanique et nordique qui désigne la période de Noël (jol en nordique ancien, qui a donné jól en islandais contemporain, jul en danois ,norvégien et suédois, joulu en finnois, jõulu en estonien et y désigne désormais la fête de Noël).
Son étymologie est contestée : certains l'ont rattaché, sans doute à tort, à la roue (hjul en suédois, hjól en islandais, wheel en anglais).
Selon toute vraisemblance, il s'agit quand même d'un mot scandinave associé à l' hiver. Le mot "jol" apparaît en nordique ancien aux alentours de l'an 900, dans un poème d'hommage à Harald aux beaux cheveux où un personnage parle de "boire à Jol".
Jol était le nom de la fête de la mi-hiver ou Jólablót, dont on discute encore pour savoir si elle avait lieu à l'occasion du solstice d'hiver ou à la mi- janvier.
Le "blót" était l'invocation des dieux à but propitiatoire, et on faisait alors des sacrifices pour appeler la bénédiction des dieux sur les récoltes à venir. Le dieu attaché à Jol était Jólner, l'un des nombreux noms d'Odin.
C'est aussi une fête wiccane et néo-païenne.



 

Yule et la mythologie scandinave 


Dans la mythologie scandinave, Yule est le moment de l'année où Heimdallr (de son trône situé au Pôle Nord) accompagné des Aesirs(l' Ansuzgardaraiwo) revient visiter ses enfants, les descendants de Jarl. Ils visitent ainsi chaque foyer pour récompenser ceux parmi ses enfants qui ont bien agi durant l'année. Ils laissent ainsi un présent dans la chaussette de ceux-ci. Ceux ayant mal agi voyaient à l'aube leur chaussette remplie de cendres. 
Yule est évidemment aussi une fête où les Hommes ,de leur côté et les dieux du leur, se rencontrent pour partager un repas bien arrosé, raconter, festoyer et chanter.


 Citation 

" Dans les pays du Nord, Noël coïncide avec des cérémonies très anciennes : les fêtes de Yule ou Yuletide. C'est une époque de réjouissances, de festins, consacrée à divers dieux de la mythologie germanique. 
Odin, dieu des morts, visitait la terre et on vidait une première coupe en son honneur, puis on célébrait, par la boisson, Njord et Freya, dieux de fécondité et d'abondance.
Les Juhles étaient des génies aériens vivant dans les arbres, et, en cette période de plein hiver, on suspendait à un arbre, proche de la maison, des coffrets de bouleau remplis de victuailles. 
Dans certaines régions, Wotan en personne chevauchait à travers les forêts, puis sautait de cheval et allumait une bûche énorme d'où jaillissait alors la lumière. 
Car Yule est aussi la fête du feu. En ces périodes de solstice d'hiver, la lumière a disparu, le soleil est mort, la terre entière est dans l'obscurité, d'énormes feux étaient allumés pour chasser les esprits de l'obscurité et appeler le nouveau soleil. 
Fête des morts, fête de la fécondité, Yuletide a laissé des traces dans les coutumes ou les superstitions de Noël : légendes selon lesquelles les morts reviennent en cette nuit, parts laissées pour les défunts sur la table pendant la messe de minuit, utilisation de la paille ou du blé pendant cette fête, dans la décoration, comme au Danemark et en Suède.
Yuletide a laissé des traces dans les pratiques : comme en Corrèze, par exemple, pour faire honte aux arbres qui ne produisent pas, on les ceinture de paille ; en Scandinavie, le matin de Noël, on prend la plus belle gerbe, à l'aide d'une perche on la fixe au toit de la plus haute maison... pour les oiseaux.
Et si en Pologne on place traditionnellement une poignée de foin sous la nappe blanche du repas de Noël, c'est bien sûr en souvenir de la couche du divin enfant, mais ce n'est pas sans rappeler les rites de fertilité des temps anciens. 
Quant aux traces dans la dénomination de Noël, elles sont nombreuses dans les pays septentrionaux :
Noël se dit Yul ou Jul, et entre dans la composition d'un certain nombre de mots relatifs à Noël : 
en anglais « Yuletide » période de Noël
en suédois : Jultomte, le petit homme de Noël."


Njörd, le dieu de la mer


Freyja dans son char tiré par ses chats ,par Nils Blommér (1852)



Sources :