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lundi 9 novembre 2015

Pour le 11 novembre ,une pensée pour mon Grand-père ,ancien poilu de la guerre 1914-18

11 novembre 1982 - remise de médailles sur la Place du Maréchal Leclerc à Poitiers
mon grand-père est le deuxième à partir de la gauche 



Comme chaque année pour le 11 novembre ,je veux rendre hommage à mon grand père ,Marcel Alibert ( 05 septembre 1898 - 28 janvier 1986) et à tous ceux qui du côté français ,comme du côté allemand ,ont servi pendant toute la durée de la Grande Guerre les intérêts de leurs gouvernements respectifs . Ils ont été les pions de cette guerre ,et pour un grand nombre ,se sont sacrifiés pour défendre leur pays dans ce conflit militaire qui a atteint une échelle et une intensité jusqu'alors inconnues .
La guerre de 1914-18  a mis en jeu plus de soldats, provoqué plus de morts et causé plus de destructions matérielles que toute autre guerre auparavant .
Plus de 60 millions de soldats y ont pris part ,venant de 65 pays du monde entier impliqués dans ce conflit. Environ 10 millions de personnes sont décédées et 20 millions sont restées invalides.



Après la remise de médaille


Mon grand-père a reçu la médaille militaire le 11 novembre 1982 (photo tout en haut devant la mairie de Poitiers), exactement 64 ans après la fin du conflit et 3 ans avant sa mort : il avait alors 84 ans en ce 11 novembre 1982 . J'avais assisté avec ma famille à cette cérémonie de remise de médaille , qui pour lui, avait une signification très importante : c'était enfin ,après tant d'années , la reconnaissance et les remerciements de  l'État français pour son engagement en 1916 et pour les combats auxquels il avait participé avec ses camarades sur les différents fronts.
Ce jour du 11 novembre 1982 fut pour lui ,comme pour nous tous qui l'entourions ce jour là, un moment très émouvant !

Mon grand-père paternel dans les ruines d'Ostel (Aisne)
Octobre 1917



Ce 11 novembre doit rester une journée de mémoire pour tous ceux qui ont pris part à cette guerre si meurtrière ,il faut laisser de côté haine et rancœur pour simplement se souvenir de ceux qui ont laissé leurs vies sur les champs de bataille et grâce  auxquels ,finalement , l'Allemagne et la France ont maintenant des intérêts communs au cœur d'une Europe construite sur des ruines et des millions de morts. Espérons que la mort de ces millions d' innocents venus de si loin pour certains ,ait au moins servi à sauvegarder la paix en Europe pour toujours .




 
Lien pour l'article sur le Parc Mémorial Canadien de Vimy : 
 http://blog-dazur.blogspot.com/2010/11/le-parc-memorial-canadien-de-vimy.html
 

et pour le Mémorial de la Porte de Menin à Ypres (Belgique):
http://blog-dazur.blogspot.com/2010/11/memorial-de-la-porte-de-menin-ypres.html



vendredi 6 novembre 2015

Il y a 26 ans , le 9 novembre 1989 ,le mur de la honte s'écroulait à Berlin




 Pour les Allemands, le 9 NOVEMBRE rappelle tout à la fois l'avènement de la République (1918), le pitoyable "putsch de la Brasserie" (1923), la sinistre "Nuit de Cristal" (1938) et l'heureuse chute du Mur (1989).

Chacun se souvient de la nuit du 9 au 10 novembre 1989... Cette nuit-là, devant les caméras du monde entier, de jeunes Allemands de l'Est et de l'Ouest brisent le Mur de la honte qui divise Berlin depuis le 13 août 1961.
Les jeunes gens prennent de court les dirigeants des deux bords qui ne s'attendaient pas à un enchaînement aussi rapide des événements.


Les peuples contre les dictatures


Réceptifs à la politique de glasnost (transparence) initiée trois ans plus tôt par le dirigeant soviétique Mikhaïl Gorbatchev, les dirigeants hongrois ont été les premiers à soulever la chape de plomb communiste.

Le 2 mai 1989, ils annoncent leur intention d'entr'ouvrir leur frontière avec l'Autriche. Des centaines d'Allemands de l'Est se précipitent alors en Hongrie dans l'espoir de bientôt passer à l'Ouest. En septembre, ils sont plusieurs milliers à s'enfuir de la sorte.
En République Démocratique Allemande (RDA), à Leipzig puis dans les autres villes du pays, les opposants au communisme quittent le secret des temples luthériens et manifestent au grand jour. Ils ont pourtant quelque motif de craindre le sort des étudiants chinois de la place Tien An Men , à Pékin, sauvagement écrasés au même moment.
Le pouvoir est-allemand vacille. Début octobre, il autorise le transfert à l'ouest de plusieurs milliers de ses ressortissants qui s'étaient réfugiés dans l'ambassade ouest-allemande de Prague. Sa faiblesse s'affiche dans ces trains qui traversent l'Allemagne de l'Est, pleins de réfugiés triomphants !
Le 7 octobre 1989, lors du défilé commémoratif du 40e anniversaire de la RDA, Erich Honecker (77 ans), secrétaire général du Parti communiste est-allemand, doit supporter les acclamations qui montent vers... son invité, le réformiste Mikhaïl Gorbatchev (57 ans) : «Gorbi, Gorbi !». Après ce camouflet, le 18 octobre, il laisse la place à Egon Krenz, un dirigeant aussi stalinien que lui mais plus jeune (51 ans).
Rien n'arrête plus l'Histoire. Un million de manifestants à Berlin-Est entraînent la démission collective du gouvernement communiste le 7 novembre.
Deux jours plus tard, le 9 novembre, vers 18h, Günter Schabowski, membre du bureau politique, annonce très simplement la décision du gouvernement de RDA vis-à-vis des Allemands de l'Est : «les voyages privés à destination de l'étranger peuvent désormais être demandés sans aucune condition particulière». «À partir de quand ?» demande un journaliste. «Autant que je sache... tout de suite», répond le dirigeant !
Quelques heures plus tard, on compte déjà des dizaines de milliers de Berlinois devant les sept postes-frontière du Mur.
À 22h15, le poste-frontière le plus au nord, à Bornholmer Straβe, est ouvert et la foule s'y engouffre dans une euphorie indescriptible, sous le nez des redoutables garde-frontières est-allemands, les «vopos». En près de 30 ans, ces derniers ont tué 239 personnes qui tentaient de franchir le Mur. Cette fois, ils gardent l'arme au pied. Ils comprennent que leur temps est révolu.
Au cours de la nuit, les autres postes-frontière sont à leur tour ouverts. Les Berlinois de l'Est comme de l'Ouest ne se contentent pas de cela. Qui avec un marteau, qui avec une pioche, chacun s'attaque au béton du Mur (3,60 mètres de haut, 160 kilomètres de long et 300 miradors).
C'en est fini de cinquante ans de séparation et d'antagonismes entre les deux parties de l'Allemagne, la République Fédérale Allemande (RFA, en allemand, BundesDeutscheRepublik, BDR), sous influence occidentale, et la République Démocratique Allemande (RDA, en allemand Deutsche Demokratische Republik, DDR), sous domination soviétique.
Les idéologies chavirent dans un enthousiasme débridé. Personne ne s'inquiète encore des lendemains difficiles de la réunification. Sans perdre de temps, le chancelier fédéral Helmut Kohl impose une unification monétaire puis politique des deux parties de l'Allemagne. L'unité est officialisée le 3 octobre 1990. Ce jour est depuis lors fête nationale en Allemagne.
En 1999, le chancelier Kohl laissera à son successeur l'honneur d'inaugurer l'installation des pouvoirs publics à Berlin, qui fut déjà la capitale de l'Allemagne de 1871 à 1945.


De la réunification à la monnaie unique

Sans perdre de temps, le chancelier fédéral Helmut Kohl impose une unification monétaire puis politique des deux parties de l'Allemagne. L'unité est officielle le 3 octobre 1990, un jour qui devient la fête nationale allemande.
Le président français François Mitterrand, prenant acte du caractère inéluctable de la réunification, va négocier en contrepartie le sacrifice du deutsche Mark sur l'autel de l'union monétaire européenne. Ce projet débouchera sur la signature du traité de Maastricht le 7 février 1992.

André Larané
Source "Herodote": " 9 novembre 1989 - le Mur de la honte s'écroule" 


mardi 25 août 2015

Le massacre de Maillé est désormais entré dans l'Histoire







Le Président de la République était à Maillé (Indre et Loire) le 25 août 2008 , jour anniversaire du massacre de cent vingt- quatre de ses habitants , massacre perpétré sur des civils par des soldats de la Wehrmacht en représailles aux actions de résistance locale contre l'occupant quelques jours auparavant . Ce massacre eut lieu au moment même de la libération de Paris , le 25 août 1944 .
Aujourd'hui , la Maison du Souvenir garde vivante la mémoire des victimes et propose au public de mieux comprendre l'Histoire .

Maillé est un petit village de 700 habitants à quelques kilomètres de Sainte-Maure de Touraine , entre la ligne ferroviaire Paris -Bordeaux et l'A10 .
Te souviens tu Guillaume , nous y étions allés quand tu avais 13 ans , cherchant un endroit avec des souvenirs évoquant cette tragédie , mais nous n'avions rien trouvé ! C'est maintenant chose faite , et ceux qui ne connaissaient pas l 'histoire de Maillé vont la découvrir ainsi que l'horreur que ce petit village de 500 habitants a vécu ce 25 août 1944 !

Les habitants de Maillé vivaient avec ce terrible souvenir depuis tout ce temps !
Chaque 25 août à Maillé , on commémorait tous ces morts et on se souvenait dans l’ignorance quasi-totale du pays.
Sans trace matérielle de cette histoire sanglante, Maillé souffrait de l’absence de témoignage et de la reconnaissance nationale. Malgré l’importance de ce drame, l’histoire du village, le 25 août 1944, n’était toujours pas connue du grand public .






Rien de plus normal que désormais , l'histoire de ce village martyr et pratiquement rayé de la carte (presque totalement incendié ) ce 25 août soit enfin connue de tous . 
Même si d'autres villages en France avaient subi le même sort et que le village d'Oradour sur Glane avait été choisi après la guerre pour symboliser tous ces villages martyrs , les habitants de Maillé avaient besoin d'une reconnaissance de leur propre Histoire .
Et même si cette opération peut être qualifiée de médiatique pour le Président Sarkozy, je suis heureuse de cette reconnaissance pour les habitants de Maillé et la mémoire de tous les innocents qui y ont péri un jour d'août 1944 .





« Il en va des peuples comme des individus. Sans mémoire, ils ne sont qu’une coquille vide. Un agglomérat d’hommes et de femmes que le flux du monde emporte et engloutit. »
Marek Halter

Dans le long martyrologe des victimes de l’été 1944, un massacre est resté méconnu pendant près de 60 ans. Il est pourtant impossible de ne pas s’intéresser à cette violente
action militaire de répression menée en Touraine au coeur du “Jardin de la France”.



Plus de documentation :

mercredi 12 août 2015

Le mur de Berlin est dès sa construction le symbole de la guerre froide et de la séparation du monde en deux camps






Entre 1945 et 1961, près de 3,6 millions d’Allemands quittèrent la zone d’occupation soviétique et Berlin-Est. La moitié d’entre eux choisissait Berlin-Ouest comme point de passage, ce qui posa d’importants problèmes au SED. Près d’un demi million d’Allemands franchissaient quotidiennement les postes-frontières berlinois dans les deux sens et comparaient ainsi les conditions de vie en permanence. Au cours d’une seule année, en 1960, environ 360 000 Allemands de l’Est s’installèrent à l’Ouest. La RDA se trouvait au bord de l’effondrement économique et social.

Le 15 juin 1961, le Président du Conseil d’État de RDA, Walter Ulbricht, déclarait personne n’a l’intention de construire un mur . Puis vint la déclaration officielle du 12 août 1961 par le conseil des ministres de RDA: «Afin de mettre un terme aux activités hostiles du revanchisme et militarisme de l’Allemagne de l’Ouest et de Berlin-Ouest, un dispositif de contrôle des frontières, tel qu’il est pratiqué par tous les états souverains, sera mis place à la frontière de la RDA, y compris sur la délimitation avec les secteurs d’occupation occidentaux à Berlin.»


Au petit matin du 13 août 1961 , un dimanche, des barbelés et des barrières provisoires furent déployés à la frontière berlinoise entre les secteurs d’occupation Est et Ouest. Les pavés des axes de circulation entre les deux moitiés de la ville furent retournés afin d’interrompre immédiatement le trafic. Les unités de la police populaire, de la police ferroviaire et des milices ouvrières fermèrent la frontière à la circulation.


Dans les jours qui suivirent, les barbelés furent remplacés par un mur en pierres de taille importante, construit par des maçons est-berlinois, sous l’étroite surveillance des gardes-frontières de RDA. Les portes et fenêtres des façades d’immeubles furent murées et intégrés dans le dispositif de séparation des deux moitiés de la ville, à l’image de la Bernauer Straße, où les trottoirs faisaient partie du quartier Wedding (Berlin-Ouest), et les immeubles du quartier Mitte (Berlin-Est). Les riverains ne pouvaient désormais accéder à leurs logements que par le côté cour des immeubles, situé à Berlin-Est. Dès 1961, de nombreux appartements furent évacués de force, dans la Bernauer Straße et dans d’autres rues limitrophes.


Des rues, des places et des maisons furent ainsi séparées d’un jour à l’autre et certaines lignes de métro et de RER interrompues. Le soir du 13 août 1961, le bourgmestre régnant de Berlin, Willy Brandt, déclarait devant la chambre des députés: «(...) Sous le regard de la communauté mondiale des peuples, Berlin accuse les séparateurs de la ville, qui oppressent Berlin-Est et menacent Berlin-Ouest, de crime contre le droit international et contre l’humanité (...).»


Le 25 octobre 1961, le poste-frontière Checkpoint Charlie fut le théâtre d’une confrontation historique entre blindés soviétiques et américains. Des gardes-frontières de RDA avaient exigé de contrôler des membres des forces alliées occidentales, qui désiraient se rendre en secteur soviétique. Cette mesure était attentatoire au droit de libre circulation, dont bénéficiaient tous les membres des forces d’occupation. Pendant trois jours, les chars des deux grandes puissances nucléaires, séparés de quelques mètres seulement, ont ainsi pointé leurs canons l’un sur l’autre. Enfin, le retrait mutuel fut ordonné et la libre circulation par le poste-frontière Checkpoint Charlie rétablie.

Par la suite, le dispositif frontalier fut renforcé et les contrôles perfectionnés. Le mur intra-urbain, qui séparait Berlin-Ouest de Berlin-Est, avait atteint une longueur totale de 43,1 kilomètres. La partie du dispositif qui séparait Berlin-Est de Berlin-Ouest comprenait 111,9 kilomètres. Plus de 100 000 Allemands de l’Est tentèrent de fuir leur pays en passant la frontière entre la RDA et la RFA ou le mur de Berlin. Des centaines de fugitifs trouvèrent la mort lors de leurs tentatives de passage ou furent abattus par les garde-frontières de RDA.



Source :http://www.berlin.de/mauer/geschichte/index.fr.html




















 

lundi 10 août 2015

10 août 1539 :Ordonnance de Villers-Cotterêts





En l'an 1539, furent créées les bases de notre état civil et le français institué comme langue officielle de l'administration .
Entre le 10 et le 15 août 1539 , le roi François 1er signe une ordonnance de 192 articles dans son château de Villers-Cotterêts.
Cette ordonnance très importante institue en premier lieu ce qui deviendra l'état civil en exigeant des curés des paroisses qu'ils procèdent à l'enregistrement par écrit des naissances, des mariages et des décès. Une innovation dont les généalogistes mesurent pleinement la portée !L'ordonnance établit par ailleurs que tous les actes légaux et notariés seront désormais rédigés en français. Jusque-là, ils l'étaient en latin, la langue de toutes les personnes instruites de l'époque.

Alban Dignat


Une administration plus accessible
L'ordonnance de Villers-Cotterêts, qui a été rédigée par le chancelier Guillaume Poyet, est parfois connue sous le nom de Guilelmine.
Son article 111 énonce joliment :
«Et pour ce que telles choses sont souvent advenues sur l'intelligence des mots latins contenus dans lesdits arrêts, nous voulons dorénavant que tous arrêts, ensemble toutes autres procédures, soit de nos cours souveraines et autres subalternes et inférieures, soit de registres, enquêtes, contrats, commissions, sentences, testaments, et autres quelconques actes et exploits de justice, ou qui en dépendent, soient prononcés, enregistrés et délivrés aux parties, en langage maternel et non autrement».


De cet article, il découle que tous les sujets du roi pourront comprendre les documents administratifs et judiciaires.... sous réserve néanmoins qu'ils lisent et écrivent la «langue d'oïl» pratiquée dans le bassin parisien et sur les bords de la Loire.
 
 
Comment le français a séduit les élites

L'ordonnance de Villers-Cotterêts est d'autant plus importante qu'à la différence de la plupart des autres nations européennes (Angleterre, Allemagne, Espagne....), la France est une construction politique sans unité linguistique à l'origine.
Les élites du royaume, conscientes de cette faiblesse, n'ont pas attendu l'ordonnance pour faire leur la langue française, même dans les provinces les plus éloignées, et ainsi se rapprocher du pouvoir central. Ainsi, en 1448, peu après sa création, le Parlement de Toulouse décide de son propre chef qu'il n'emploierait plus que la langue d'oïl dans ses travaux et ses écrits, bien que cette langue fût complètement étrangère aux parlementaires et à leurs concitoyens ; plus étrangère que peut l'être aujourd'hui l'anglais pour les Français !
Notons aussi que le premier acte notarié en français a été rédigé en 1532 (sept ans avant l'ordonnance de Villers-Cotterêts) à... Aoste, sur le versant italien des Alpes !


Le recul du latin
L'ordonnance de Villers-Cotterêts coïncide avec l'éveil, partout en Europe, des langues nationales. C'est ainsi que le 18 août 1492 , l'humaniste Antonio de Nebrija publie une Grammaire castillane. Cette première grammaire de langue vernaculaire éditée en Europe témoigne d'un premier recul du latin.
Le latin va néanmoins demeurer longtemps encore la langue des échanges internationaux. C'est en latin qu'écrivent et communiquent les humanistes du XVIe siècle comme Érasme. C'est aussi en latin que communiquent les hauts représentants de l'Église catholique. Soucieuse de son universalité, celle-ci restera attachée à l'emploi du latin dans les offices jusqu'au concile de Vatican II. Dans les États autrichiens et en Hongrie, où cohabitent des peuples très divers, le latin va demeurer la langue administrative jusqu'au tournant du XIXe siècle, ce qui aura l'avantage d'éviter des querelles de préséance (l'anglais joue le même rôle aujourd'hui dans l'Union indienne).

Comment le français a conquis le peuple
Dans La mort du français, un essai passionné autant que passionnant publié en 1999, le linguiste et écrivain Claude Duneton rappelle que l'anglais, l'allemand, le castillan ou encore le toscan, qui sont aujourd'hui les langues officielles du Royaume-Uni, de l'Allemagne, de l'Espagne et de l'Italie, étaient déjà comprises par la majorité de la population, dans ces pays, au XVe siècle, avant que Chaucer ne jette les bases de la langue anglaise moderne ou que Luther ne traduise la Bible en langue allemande.
Rien de tel en France ! À l'exception de l'Ile-de-France et du val de Loire, toutes les provinces ont usé dans la vie quotidienne, jusqu'au début du XXe siècle, de langues plus ou moins éloignées du français de Paris.
L'unité linguistique n'a été à peu près achevée qu'au milieu du XXe siècle, grâce à l'attrait qu'exerçait le pouvoir central sur les élites locales et à la pression exercée sur les enfants du peuple par les fonctionnaires et les instituteurs de l'école laïque.
De vieilles personnes se souviennent encore du bâton que le maître mettait le matin entre les mains du premier enfant surpris à «parler patois» (ou breton, alsacien, basque, flamand, ou corse, picard, ou provençal,...). Le porteur devait à son tour donner le bâton au premier camarade qu'il surprendrait lui-même à «parler patois». À la fin de la journée, le dernier porteur de bâton était puni. Ce procédé inquisitorial s'est révélé très efficace pour faire de la langue française le patrimoine commun et le principal facteur d'unité du peuple français.

Source : Herodote.net

mardi 21 juillet 2015

Haapsalu , côte ouest de l'Estonie

Kuursaal à Haapsalu
juillet 2012


Je suis allée deux fois à Haapsalu ,en mars 2011 et en juillet 2012 : temps gris et froid avec des restes de neige en mars 2011, mais bien plus chaud et ensoleillé en juillet 2012 .Je vous conseille d'ailleurs de visiter cette charmante ville en été .

Haapsalu (anciennement Hapsal) est une ville de la côte Ouest de l'Estonie, dans la province de Läänemaa .Sa population est d'environ 11 000 habitants. Elle est située à 100 km à l'ouest de Tallinn .
C'est une ville thermale et une station balnéaire très populaire en Estonie.
Elle est surnommée la Venise de la Baltique .
La ville a été fondée entre 1260 et 1270, sous le nom suédois d’Hapsal, dénomination qu'elle conservera jusqu'à l'indépendance de l'Estonie en 1918.
Elle était une importante mission de l'évêque suédois de l'île d'Oesel-Wiek, jusqu'à la Réforme protestante et fut érigée en ville diocésaine.
Les premières chartes datent de 1279 et le château d'Hapsal, lieu de résidence de l'évêque, fut construit à cette époque. La ville fut alors colonisée par les Allemands, les Danois et les Suédois (qui émigrèrent tous après la Seconde Guerre mondiale).
Elle fut visitée par Pierre le Grand en 1715 et entra dans l'Empire russe, vainqueur de la Suède, en 1721. Elle fit partie du gouvernement de Reval, renommé gouvernement d'Estland en 1796 et était un chef-lieu de district.
Elle était réputée pour ses bains de boue et fut un lieu de villégiature de l'aristocratie pétersbourgeoise.
Tchaïkovski et Nicolas Roerich y vinrent en vacances et fréquentèrent le Kuursaal*, construit en 1898. La ville est célèbre pour ses jolies villas Jugendstil. La gare Art Nouveau, construite en 1907, reliait Hapsal à Saint-Pétersbourg. Elle est aujourd'hui un musée.
*Kuursaal 
Ce bel édifice en bois ,élevé au bord de l'eau en 1898,était à la Belle Époque,le centre de la vie mondaine. Un orchestre s'y produisait chaque jour en saison,et les vacanciers s'y retrouvaient pour danser et échanger quelques propos mondains... Bien restauré,le lieu a retrouvé sa vocation première et une partie de son lustre d'antan.

Un kursaal, mot tiré de l'allemand et signifiant "salle de cure", est un bâtiment de loisirs, typique de l'architecture du Nord de l'Europe du XIXe siècle, souvent bâti dans les stations thermales puis, plus tardivement, dans les stations de bord de mer, dont il est, avec le centre de soins, l'élément le plus représentatif.


 La forteresse d'Haapsalu
2 avril 2011



En parcourant les ruelles du vieil Haapsalu , on découvre un grand nombre de maisons de bois , certaines pimpantes et fraîchement rénovées toisant fièrement leurs voisines à l'allure quelque peu défraichie.
Nos pas nous amènent sur la place du château (Lossi plats) ,où se dresse ce qui reste de la forteresse. Le château épiscopal (Piiskopilinnus) dont la construction a été commencée en 1279 pour protéger la cathédrale ,s'est agrandi avec les évêques successifs ,jusqu'au dernier d'entre eux ,Johannes Kievel(1515-1527).
A son époque ,la forteresse était ceinte de murailles d'une quinzaine de mètres de hauteur. Dégradée lors de la guerre de Livonie, puis réaménagée par les Suédois qui envisageaient d'y édifier un palais ,elle fut finalement démantelée par Pierre le Grand au cours de la guerre du Nord.
Malgré ces vicissitudes et les outrages du temps ,le château ,qui a conservé une bonne partie de ses murailles et quelques tours, a encore fière allure .
Deux tours sont accessibles ,dont celle de la Dame Blanche (Valge Daam).


Histoire de la Dame Blanche d'Haapsalu 

Ayant eu le malheur de s'éprendre d'une beauté locale,un chanoine de la forteresse reçoit sa belle (déguisée en garçon ,toute présence féminine étant interdite dans l'enceinte du château) chaque soir dans sa cellule. Et ,bien entendu, les deux tourtereaux sont pris en flagrant délit. Tandis que le chanoine coupable est enfermé dans le donjon, la jeune fille est emmurée vive dans la muraille du baptistère en cours de construction.
Mais son âme ne trouve pas le repos: et c'est ainsi que chaque année  en août ,les nuits de pleine lune,depuis la tour située en face du baptistère ,les amateurs de fantômes se réunissent dans la tour de la Dame Blanche pour voir apparaître une silhouette blanche qui erre à la recherche de son amour perdu.



 La forteresse d'Haapsalu 
Juillet 2012

 La forteresse d'Haapsalu 
 avril 2011



Kuursaal à Haapsalu
 avril 2011


Kuursaal



Kuursaal



Kuursaal










Association Francophile d' Haapsalu , Estonie : est un blog qui a pour objectif de vous faire découvrir Haapsalu, charmante et romantique petite ville d'Estonie. Tourisme, visite, hébergements, restaurants...tout ce que 'on peut faire sur une journée, deux jours...ou plus !



Sources :
Guide Michelin Pays baltes

lundi 13 juillet 2015

14 juillet 1790 , La Fête de la Fédération

Fête de la Fédération, le 14 juillet 1790 au Champ-de-Mars


Le 14 juillet 1790, la Fête de la Fédération commémore le premier anniversaire de la prise de la Bastille. Les représentants des 83 départements fraternisent sur le Champ de Mars...


La Fête nationale en France
 
Conformément à une longue tradition républicaine, le 14 juillet est fête nationale et jour chômé en France.

C'est l'occasion d'un défilé militaire sur les Champs-Élysées en présence du président de la République et de tous les corps constitués ainsi que d'un feu d'artifice et de bals populaires dans toutes les villes (en certains lieux le 13 au soir, en d'autres le 14).


Tout commence le 14 juillet 1790, quand les Français célèbrent le premier anniversaire de la prise de la Bastille par une grande fête sur le Champ de Mars. Y participent dans l'enthousiasme 260.000 Parisiens ainsi que le roi, la reine et des délégués de tous les départements. Cette Fête de la Fédération consacre le succès éphémère de la monarchie constitutionnelle.


La célébration du 14 juillet est ensuite délaissée, et même abandonnée sous la Restauration monarchique, de 1815 à 1848.


Sous la IIIe République enfin, le 6 juillet 1880, sur proposition de Benjamin Raspail, la Chambre des députés «adopte comme jour de fête nationale annuelle le 14 juillet». La journée donne lieu à une grande revue militaire, d'abord sur l'hippodrome de Longchamp puis sur les Champs-Élysées, afin de manifester avec éclat la volonté de revanche sur la défaite de 1870-1871.

Le comble de la ferveur patriotique sera atteint le 14 juillet 1919, avec le défilé de la Victoire...

Je vous renvoie aussi à mon post du 14 juillet 2009 intitulé "le 14 juillet pour les nuls"

Source : http://www.herodote.net/almanach/jour.php?ID=1341

mardi 2 juin 2015

Récapitulatif des articles sur l'Estonie

Palmse Manor -Parc de Lahemaa



Les articles de ce blog sur l'Estonie: 



Et pour vous aider à préparer votre voyage en Estonie (vols ,ferrys ,hôtels à Tallinn ,meilleurs hébergements en Estonie ..) et vous conseiller dans vos visites de Tallinn et de l'Estonie ( principales curiosités touristiques ,villes ,tour d'Estonie , circuits...),voici un blog très intéressant :"Estonie-Tallinn | Site d'un Français en Estonie"


 Voyager en Estonie: 




 Le Palais de Kadriorg -Tallinn

Maiasmokk ,un célèbre café dans le vieux Tallinn


Maiasmokk -mars 2011


Dans une très jolie rue du vieux Tallinn , la rue Pikk , se trouve un célèbre café ,le café Maiasmokk , en anglais "Sweet Tooth" et en français "avoir la dent sucrée" ou plus simplement "aimer les sucreries" . 
C'est le plus ancien café en activité à Tallinn et dans toute l'Estonie. 
Il se trouve au même endroit depuis 1864. 

Le café est unique car l'intérieur n'a pas changé depuis près d'un siècle. 
Ce café confortable et douillet vous propose des pâtisseries fraîches, des tartes et des gâteaux faits sur place ,ainsi que de délicieux bonbons "maison".
Je l'ai testé : l'ambiance y est très agréable , on s'y sent très à l'aise et les gâteaux y sont délicieux . N'hésitez pas à pousser la porte de ce café si typique si vous visitez la vieille ville de Tallinn, rappelez vous ,il se situe dans la rue Pikk .


N'oubliez pas de visiter le Musée du Massepain Kalev ,situé à côté du Café Maiasmokk , dans la rue Pikk (on peut y accéder aussi par le café ) : http://www.kalev.ee/en/maiasmokk-cafe/kalev-marzipan-museum-room







Maiasmokk -mars 2011





Maiasmokk -mars 2011




Maiasmokk, 22 Août 2013



Maiasmokk, 22 Août 2013



Maiasmokk, 22 Août 2013



Vous pouvez lire l'histoire du café Maiasmokk sur le site suivant (sur lequel j'ai trouvé la vieille photo ci-dessous ) : 














Agrandir le plan

dimanche 10 mai 2015

Edward Jenner, inventeur de la vaccination

Edward Jenner


Le 14 mai 1796, 
un médecin de campagne anglais invente la vaccination

 
Edward Jenner (17 mai 1749 -26 janvier 1823),médecin et naturaliste anglais ,inocule par scarification du pus prélevé sur la main d'une femme à un enfant de 8 ans, James Phipps.
La femme, Sarah Nelmes, avait été infectée par sa vache, Blossom, atteinte de la vaccine ou variole des vaches (en anglais, "cow-pox").
Cette maladie bénigne était courante chez les valets de ferme qui trayaient les vaches et entraient en contact avec les pustules des pis. Or, ces valets avaient la réputation d'être épargnés lors des épidémies de véritable variole.
Cette maladie était responsable en ces temps-là de dizaines de milliers de morts par an rien qu'en Europe (la descendance du roi Louis XIV avait ainsi été décimée par la variole en 1712).
James Phipps contracte la vaccine sous la forme d'une unique pustule et en guérit très vite.
Trois mois plus tard, indifférent au "principe de précaution", Edward Jenner lui inocule la véritable variole. À son grand soulagement, la maladie n'a aucun effet sur l'enfant. C'est la preuve que la vaccine l'a immunisé contre la variole en entraînant la formation d'anticorps propres à lutter contre l'infection.



1802
Caricature de Jenner vaccinant des patients qui craignaient qu'il leur fasse pousser des cornes de vaches.



L'approche empirique de Jenner

Des médecins avaient déjà eu dans les années précédentes l'idée d'inoculer à un patient une affection bénigne pour le préserver d'une maladie plus grave.
Edward Jenner, qui a appris d'une employée de laiterie les particularités du "cow-pox" et vacciné le petit James Phipps, est le premier qui a l'audace de diffuser le principe de la vaccination dans le public.
Il publie à ses frais "An inquiry into the causes and effects of the variolae vaccina" (Enquête sur les causes et les effets de la vaccine de la variole) et jette les bases de l'immunologie appliquée à la variole. Il se satisfait d'une approche empirique et ne se soucie pas d'aller plus avant dans la compréhension du phénomène. Il appelle "virus" le facteur mystérieux de la vaccine (d'après un mot latin qui signifie poison).
Quittant son village natal de Berkeley, dans le Gloucestershire, Jenner se rend ensuite à Londres où il vaccine gratuitement des centaines de sujets. Bientôt ruiné, il revient exercer la médecine à Berkeley où il finit honorablement sa vie.


Rapide diffusion de la vaccination
Entre temps, la pratique de la vaccination s'est très vite répandue en Europe et en Amérique, contribuant au recul des épidémies.
À Boston, aux États-Unis, un disciple enthousiaste, le médecin Benjamin Waterhouse, vaccine sa propre famille dès juillet 1800. L'année suivante, il convainc le président Thomas Jefferson d'en faire autant.
80 ans plus tard, Louis Pasteur découvrira les fondements théoriques de la vaccination et en améliorera la pratique en vaccinant contre la rage le petit Joseph Meister en 1885.
À ce jour, les grandes campagnes de vaccination contre la variole ont pratiquement éliminé ce virus de la surface de la terre.




 Hygiène et santé

Contrairement à des idées reçues, l'Europe doit son essor démographique exceptionnel des XVIIIe et XIXe siècles à l'amélioration de l'hygiène et de l'alimentation, plus encore qu'à la vaccination et aux progrès de la médecine.

L'hygiénisme s'est développé dès le "Siècle des Lumières", incitant chacun à prendre davantage soin de son corps, de son environnement et de sa nourriture.

Ainsi les jeunes femmes sont-elles peu à peu revenues à l'allaitement maternel... Et les autorités ont déménagé les cimetières, sources de nombreuses infections, des centres-villes vers la périphérie. Ces actions ont notablement amélioré l'espérance de vie des Européens en réduisant en premier lieu la mortalité infantile, sans qu'interviennent les techniques médicales.

Louis Pasteur, en démontrant l'importance de l'asepsie, a apporté à ces principes d'hygiène les fondements théoriques qui leur manquaient. La vaccination et les antibiotiques ont encore accru l'espérance de vie mais en intervenant sur la mortalité des adultes bien plus que sur celle des nourrissons.

Sources
http://fr.wikipedia.org/wiki/Edward_Jenner
http://www.medarus.org/Medecins/MedecinsTextes/jenner.html

jeudi 16 avril 2015

13 avril 1943 : Katyń , la malédiction polonaise



" Le 13 avril 1943, la radio allemande annonce la découverte d'un charnier dans la forêt de Katyń , près de Smolensk, entre Pologne et Biélorussie. Il s'agirait des restes de 4.143 officiers polonais exécutés par les Soviétiques lorsque ceux-ci s'étaient emparés en 1939-1940 de la partie orientale du pays, conformément au pacte germano-soviétique.
Pendant plusieurs décennies, les communistes persisteront à rejeter le crime sur les nazis" ... 


Une révélation gênante
 
Dès l'été 1941, après leur entrée en guerre contre l'URSS, les Allemands découvrent dans la forêt de Katyń les dépouilles de quelques centaines de jeunes officiers polonais en uniforme, assassinés d'une balle dans la nuque et jetés dans des fosses communes. Les découvertes se multiplient dans les premiers jours d'avril 1943.
Le régime hitlérien, qui vient de subir à Stalingrad une cuisante défaite, décide de porter cette découverte sur la place publique avec l'espoir de dissocier les Soviétiques de leurs alliés anglo-saxons.

 L'URSS nie immédiatement l'imputation du crime mais le gouvernement polonais en exil à Londres, dirigé par le général Wladislaw Sikorski, demande dès le lendemain une enquête de la Croix-Rouge internationale. Staline, fâché, rompt les relations diplomatiques avec lui le 23 avril.
Churchill, qui a besoin de Staline pour combattre Hitler, s'émeut de cette écharde au sein de l'alliance... Très opportunément, l'intransigeant Sikorski périt dans un accident d'avion à Gibraltar le 4 juillet 1943.
Pour plus de sûreté et afin d'affaiblir le gouvernement polonais en exil à Londres, Staline crée le 31 décembre 1943 un Comité de Libération Nationale composé de communistes polonais (il sera plus tard appelé «Comité de Lublin»). Ce comité accepte sans sourciller la version soviétique selon laquelle les massacres de Katyn seraient le fait des nazis.

Un crime réfléchi

En attendant, dès mai 1943, une commission de la Croix-Rouge mène une enquête sur place avec l'aide diligente des Allemands. Elle aboutit à la conclusion irréfutable que les massacres ont été commis en avril et mai 1940, au moment où les Soviétiques occupaient la région. Mais par souci de ne pas alimenter la propagande nazie, la Croix-Rouge garde le secret sur le rapport.
Il apparaîtra plus tard que, dès mars 1940, les hommes du NKVD (la police politique soviétique) avaient reçu du Politburo (le gouvernement soviétique) et de son chef Staline l'ordre d'exécuter comme «contre-révolutionnaires» ceux de leurs prisonniers polonais qui appartenaient à l'élite intellectuelle du pays. C'était une mesure motivée d'abord par la volonté de revanche sur la défaite subie par l'Armée Rouge en 1920, ensuite et surtout par la volonté de préparer la mainmise soviétique sur la Pologne en éliminant d'emblée les fortes têtes susceptibles de s'y opposer !
C'est ainsi que sont exécutés à Katyń plusieurs milliers d'officiers extraits du camp de Kozielsk. Des massacres similaires ont lieu dans d'autres forêts du pays... On évalue au total à 22.000 le nombre d'officiers et de jeunes gens issus des élites intellectuelles et politiques du pays sommairement exécutés dans l'ensemble de la zone occupée par les Soviétiques.






 Katyń et la guerre froide

Après la guerre, lors du procès de Nuremberg, les procureurs soviétiques tentent de faire inscrire le massacre de Katyń parmi les crimes de guerre imputables aux accusés nazis. Le tribunal se refuse heureusement à cette mascarade qui eut jeté le doute sur l'ensemble du dossier d'accusation.
Pendant plusieurs décennies, les Soviétiques et le gouvernement communiste de Varsovie vont tenter contre vents et marées d'effacer le souvenir de Katyn, allant jusqu'à ériger en symbole de la barbarie nazie un village homonyme, Khatyn, rasé par les Allemands.
Il faut attendre la fin de la guerre froide et l'année 1990 pour que Mikhaïl Gorbatchev reconnaisse enfin la responsabilité des Soviétiques.Katyń s'inscrit donc dans une longue liste d'agressions du grand frère russe à l'encontre de la Pologne. Ce lourd passé explique l'attachement de la Pologne post-communiste aux États-Unis et à l'OTAN, seules puissances capables de la protéger des menaces venues de l'est.


Quand le crime paie... 
Notons pour conclure que Staline a, d'une certaine manière, hélas, atteint son but : par le massacre délibéré des Polonais instruits, de concert avec Hitler, il a transformé le visage de la Pologne.
Celle-ci était avant la Seconde Guerre mondiale une société relativement moderne, tirée par des élites urbaines attachées à la laïcité, qu'elles fussent juives ou catholiques. Leur massacre délibéré et leur remplacement par des nouveaux venus issus du monde rural ont fait de la Pologne, en l'espace de deux générations, une société anachronique au cœur de l'Europe, attachée à la petite propriété paysanne et à une pratique religieuse traditionnelle, sinon passéiste.
Il a fallu attendre l'avènement de Karol Wojtyla (Jean-Paul II), la chute de l'URSS et l'adhésion de Varsovie à l'Union européenne pour que change cet état de fait.

Article écrit par Benjamin Fayet et André Larané sur le site de herodote.net
Vous trouverez aussi sur le site "herodote.net" une archive vidéo de l'INA sur la découverte en URSS ,à Smolensk , des corps de 10.000 prisonniers de l'armée polonaise assassinés par les Soviets le 13 avril 1943 .


Je vous renvoie aussi vers le post que j'avais fait le 7 août 2009 : en 2007, le grand cinéaste Andrzej Wajda a tiré de ce drame un film témoignage remarquable "Katyń " . Son propre père a été l'une des victimes du massacre de Katyń .


  

12 Avril 2010 :
A la veille de la date anniversaire de la découverte de la tragédie de Katyn , et 2 jours après la mort du Président polonais Lech Kaczynski dans un accident d'avion (le 10 avril 2010 près de Smolensk) , on ne peut s'empêcher de penser que"la malédiction polonaise de Katyn vient une fois encore de frapper la Pologne ,car le plus tragique est que l’avion présidentiel transportait également vers Katyn des familles des 22 000 membres de l’élite polonaise qui y avaient été massacrés par les soviétiques au printemps 1940". Propos tirés du blog "Gilles en Lettonie" .


Autre site sur le "Massacre de Katyń"